O.D.

Publié le par superfuzz

O.D. comme Ode, comme Over Dose, un essai de poésies en vers plus ou moins libres avec comme d'habitude des thèmes qui me sont chers, un mode urbain, crasseux, la vie, la mort, la ville, quelque chose de dérisoire... J'ai essayé d'introduire dans ces vers une certaine musicalité, un rythme parlé comme un slam, mais en plus bref, en poésie je n'aime pas les textes trop long.

Voilà, on est mardi, et le mardi c'est le jour des cadeaux !

 

Le bruit et les odeurs

 

Au plus profond de la nuit,
Dans la moiteur de la ville,
Il est des bruits,
Comme des odeurs,
Des signes subtils,
Ou de simples reflets d’eau,
Quelques rats,
Et
la lune
Dans le caniveau.

 

Deux trous pour Barbie

Barbie est morte un jour de pluie,
Deux balles dans le crâne, deux petits trous ronds ;
Elle dansait pourtant rudement bien, La petite Barbie,
Avec ses dents blanches et ses petits seins ronds.
Elle avait un mac, un mec, genre connard,
Un pauvre type de l’ouest qu’on appelait balthazar.
Il n’était pas bien grand, juste une petite frappe,
Un pauv’ mioche, un môme de Trappe.
Pourtant, un soir  au fond d’une cour, il l’a tuée.
Barbie n’eu que le temps de demander :

Pourquoi moi, bébé ?
Pourquoi « elle », bébé…
Mais Balthazar, par lâcheté,
muet comme une tombe,
Ferma sa gueule, les yeux baissés,
comme tout le monde.

Dans ce monde sévèrement on punissait,
De deux bastos dans le corps,
Les filles qu’un jour on retrouvait,
A la grande maison pandore.
Pourtant, Barbie n’avait rien dit,
Un flic amoureux tremblant pour elle,
L’avait simplement convoquée et lui avait promis
Qu’un jour il lui donnerait des ailes.
Barbie est morte un jour de pluie,
Deux balles dans le crâne, deux petits trous ronds ;
Elle dansait pourtant rudement bien, La petite Barbie,
Avec ses dents blanches et ses petits seins ronds.



 

L’hiver est une poubelle

L’hiver est une poubelle,
Sur le plateau froid du macadam,
Pour une cloche dans la ruelle.
Ignorée des belles dames,
Frappée par la racaille,
Le vieil homme s’endort.
Assommé pour rien,
Quelques mitrailles,
On le retrouvera demain,
Certainement sans effort.

Où étions-nous ces matins de glace ?
Bien au chaud dans nos palaces.
Où étions-nous pour la cloche ?
Quand des inconnus lui faisaient les poches.

L’on dansait, faisant ripaille,
On s’empiffrait de joie,
De dinde et de champagne,
Gavés comme des canailles.
On ne pensait bien souvent qu’à soi,
Aveuglés en pays de cocagne,
Tandis que là-dehors,
Anonyme, couché sur le bitume,
Seul, dans le froid, un homme est mort,
Bien étrange coutume.

 

OD

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Publié dans poésie

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